On entend souvent dire qu’il est impossible d’obtenir un crédit en Belgique pour un Français non-résident si l’on n’a pas le statut de travailleur frontalier. Pendant des mois, j’ai cru que c’était vrai.
Je m’appelle Ophélie, j’ai 29 ans, j’habite à Lille et je travaille à Lille. Je n’ai aucune fiche de paie belge. Pourtant, j’ai réussi à financer l’achat de ma nouvelle voiture (15 000 €) via une banque belge avec un taux bien plus intéressant que ce que me proposait ma banque classique en France. Voici ma méthode.
Mon problème : Recalée de partout car 100% Française
Au départ, j’ai fait comme tout le monde. J’ai écumé les comparateurs de crédits belges. Leurs offres à taux réduit me faisaient de l’œil. Mais à chaque fois que je remplissais un formulaire, c’était la douche froide.
« Votre code postal (59000) n’est pas éligible. »
« Vous devez percevoir des revenus saisissables en Belgique. »
Mon dossier ne passait même pas l’étape du filtre automatique. En tant que résidente française travaillant en France, je représentais un « risque » trop élevé pour les établissements belges, car ils ne peuvent pas saisir mon salaire français en cas d’impayé.
L’astuce qui a tout changé : Le prêt à deux (Co-emprunteur)
C’est en discutant avec un courtier lillois spécialisé dans les montages transfrontaliers que j’ai découvert la faille : la solidarité de l’emprunt.
Si vous ne remplissez pas les conditions seul(e), vous pouvez emprunter avec quelqu’un qui les remplit ! Dans mon cas, mon conjoint, Thomas, travaille en Belgique (il est frontalier et a donc des fiches de paie belges). Nous n’étions ni mariés ni pacsés, mais cela n’a aucune importance pour les banques belges.
Nous avons déposé le dossier à deux. La banque a pris en compte les revenus belges de mon conjoint comme garantie principale (puisqu’ils sont saisissables en Belgique). Mon salaire français a simplement été ajouté pour calculer notre capacité de remboursement globale.
Les 2 autres solutions si vous êtes seul(e)
Si vous n’avez pas de co-emprunteur travaillant en Belgique, tout n’est pas perdu. Lors de mes recherches, j’ai noté deux autres exceptions légales qui permettent aux Français d’emprunter :
- Le prêt hypothécaire ciblé : Vous vivez et travaillez en France, mais vous voulez acheter un studio ou un garage en Belgique pour investir. La banque belge vous prêtera l’argent, car le bien immobilier, situé sur son territoire, servira de garantie directe (hypothèque).
- Les filiales européennes (Cofidis, Cetelem) : Certaines enseignes sont présentes dans les deux pays. Si vous avez un excellent historique bancaire en France, certains courtiers arrivent à faire passer le dossier côté belge en faisant valoir votre « scoring » de bon payeur.
Ma conclusion et mes conseils
Ne vous arrêtez pas au premier refus d’un robot sur internet. Le secret pour les profils atypiques (non-résidents, non-frontaliers), c’est de passer par un courtier physique ou téléphonique. Les simulateurs web sont programmés pour rejeter les codes postaux étrangers. Un humain, lui, saura analyser votre situation globale (conjoint, patrimoine, projet) et l’envoyer au bon organisme.




💬 8 Commentaires sur cet article
Merci pour l’astuce Ophélie ! Ma copine est belge (elle vit à Tournai), on voulait changer de voiture mais on bloquait parce que je suis domicilié en France. On va tenter le prêt à deux direct.
Fonce Maxime ! N’oublie pas de bien préparer ses fiches de paie à elle (côté belge), c’est ça qui va servir de garantie à la banque. Ton salaire français viendra juste consolider le dossier. Bon courage pour les démarches ! 😉
Je valide à 100% ton deuxième point sur les filiales européennes ! Mon histoire est un peu différente mais ça peut aider : je suis divorcée, j’habite Charleville-Mézières et je bosse en France. Bref, le profil 100% français que les banques belges détestent.
J’avais besoin de 8000€ pour des travaux d’urgence. Le Crédit Agricole me proposait un taux usuraire qui me coûtait une blinde en intérêts. J’ai pété un plomb et j’ai appelé un courtier de l’autre côté de la frontière (à Dinant).
Il m’a expliqué que comme j’avais un compte nickel en France (jamais de découvert, de l’épargne), il pouvait faire passer mon dossier chez Cetelem Belgique parce qu’ils partagent une partie de leur base de « scoring » avec la France. Ça a pris 3 semaines de paperasse (ils m’ont demandé mes relevés français sur 6 mois au lieu de 3), mais c’est passé et j’ai gagné presque 2% sur le taux ! Donc oui, les courtiers humains, c’est la vie.
Bonjour Ophélie, super article très clair. Une question technique sur le montage avec ton conjoint : au niveau de la carte grise de la voiture et de l’assurance, vous avez dû la mettre aux deux noms ou uniquement au tien puisque c’est ton véhicule ? Les banques belges sont regardantes là-dessus ?
Salut Antoine ! Excellente question, c’est vrai que j’ai oublié de le préciser dans l’article.
En fait, pour le crédit auto classique, la banque belge s’en fiche un peu de savoir à qui appartient la voiture au final, tant que le crédit est remboursé. Nous avons mis la carte grise uniquement à mon nom (à mon adresse française), et l’assurance chez un assureur français, à mon nom aussi.
La banque (Beobank dans notre cas) voulait juste la facture d’achat ou le bon de commande du garage pour justifier le déblocage des fonds, et bien sûr la double signature sur le contrat de prêt. Par contre, si on arrête de payer, ils iront chercher l’argent sur le compte belge de mon conjoint en premier. Il faut donc une confiance absolue dans son couple pour ce genre de montage !
Moi j’ai essayé toute seule sur le web, j’habite Valenciennes et je bosse en France… recalée direct par le robot mdr 😭 C’est vraiment la galère quand on est célibataire et 100% côté français. Je vais essayer de contacter un courtier par téléphone du coup, on verra bien !
Pour compléter ton article, l’astuce du crédit hypothécaire marche super bien. J’habite Paris, j’ai acheté un p’tit immeuble de rapport à Mouscron l’année dernière. La banque CBC a tout financé car le bien est en Belgique ! Ils ont pris une hypothèque de premier rang. Par contre, attention aux frais de notaire en Belgique qui sont plus élevés qu’en France pour les investissements.
J’ai testé avec un courtier hier, j’étais confiant car ma femme bosse en Belgique. Mais on a été refusés car je suis inscrit au fichier FICP suite à un vieux litige sur un crédit conso en France. Le courtier m’a confirmé que la BNB interroge la Banque de France. Donc c’est mort pour nous, même avec le co-emprunteur frontalier, le fichage bloque tout le dossier. Faudra attendre le défichage.
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